Réformer le baccalauréat

Publié le par Fcpe Terrasson

Edito de la lettre d'information de la FCPE Nationale juin 2014
Réformer le baccalauréat devient de plus en plus urgent !

Après les fuites de sujets en 2011, les problèmes de notations en histoire-géographie dans certaines académies en 2012, ce sont les épreuves de physique-chimie et de mathématiques de la série S du baccalauréat qui ont créé la polémique en 2014 car jugées bien trop difficiles par un très grand nombre d'élèves. En témoignent les dizaines de milliers de signatures spontanées qu'a reçues la pétition qu'ils ont lancée il y a quelques jours. Ces différents épisodes montrent bien les limites de cet examen, vécu comme un couperet par les élèves et leurs familles. Il ne fait que favoriser le bachotage et les révisions de dernières minutes.
Par ailleurs, le baccalauréat pose un autre problème à tous les lycéens : il leur fait perdre, chaque année, 3 semaines de cours avant la fin officielle de l'année scolaire car leur lycée est souvent réquisitionné comme centre d'examen... Tout ce stress pour les élèves et leurs familles et ces millions d'heures de cours perdues sont-ils vraiment nécessaires ? Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Le baccalauréat, dans sa forme actuelle, n'est ni adapté à l'évolution de la société, ni capable d'évaluer correctement les compétences des élèves. Loin de refléter leur niveau réel, il n'évalue qu'une restitution scolaire de connaissances à un moment donné et ignore presque totalement les compétences des candidats. Pire, il influe sur l'organisation des enseignements au lycée et même au collège, structurés principalement par disciplines. L'évaluation de ce diplôme doit radicalement changer de forme, en répartissant mieux les épreuves dans le temps sur l'ensemble de la première et de la terminale, en évaluant ce qui n'est pas évalué aujourd'hui c'est-à-dire la façon dont les élèves utilisent les savoirs et non leur capacité à les réciter sur une copie, et le travail en équipe. Comme nous l'avions proposé avec nos partenaires de l'UNL et de l'UNEF lors de la concertation pour la refondation de l'Ecole, « une part plus grande doit donc être faite aux contrôles en cours de formation, ainsi qu'aux oraux. Quant aux épreuves écrites, elles aussi doivent tenir compte de la nécessité de mieux apprécier les capacités des bacheliers à émettre un jugement, un regard critique...»
Il est capital qu'aujourd'hui le lycée, qu'il soit général et technologique ou professionnel, change profondément. Il doit se concentrer sur la préparation des élèves à la poursuite d'études, au choix de leur orientation, à la découverte des métiers et des formations qui y mènent, plutôt qu'être uniquement tourné vers la préparation au baccalauréat, perçu comme la seule finalité du lycée. Les évaluations et les examens doivent être au service des apprentissages et non l'inverse. Il est plus que temps que le lycée, et l'Ecole en général, préparent les élèves à ce qui est l'essentiel : leur permettre de devenir des adultes et citoyens émancipés, des futurs professionnels qualifiés, capables de construire la société de demain, et non des bêtes à concours.

Paul Raoult,
Président de la FCPE nationale

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